Article de Anaïs Valère Novarina

« J’ai bien aimé cette pièce car elle expose d’une manière originale et simple à comprendre un « problème » qui peut toucher tout le monde. La manière dont la pièce amène le sujet m’a beaucoup plu ; les rôles, dans cette pièce, sont inversés puisque elle met en scène un homme délaissé par sa femme et non l’inverse habituel… Ce que j’ai trouvé d’original, c’est le dialogue et la communication qui essaie d’être établie d’une façon calme et avec respect entre Alban et Annie. Je trouve qu’Annie représente la femme moderne et libre mais aussi féministe parce qu’elle s’émancipe de sa famille et de son mari surtout. Malgré le côté dramatique de la situation, la liberté de dialoguer atténue ce sentiment et d’une certaine façon favorise la réconciliation. Pour moi, la pièce de François Bégaudeau peut être vue comme un apologue puisqu’elle amène ceux qui la regardent à se poser des questions sur une situation familière. La pièce peut aussi montrer qu’il vaut mieux dialoguer que réagir sous l’impulsion de la colère (ou autre), quand on est face à un problème. »

                                   Anaïs Bellik

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Rencontre avec François Bégaudeau

Après la visite de François Bégaudeau

«  La rencontre avec F Bégaudeau m’a plu car j’ai aimé entre les murs, le Problème ainsi que son dernier roman La blessure, la vraie. J’ai trouvé qu’il était ouvert, sympathique.

                                      Mana

«  Le fait que F Bégaudeau évoque théâtre, cinéma et littérature  et compare ces formes était très constructif. »

                                       Fodil

«  Cette rencontre m’a permis d’apprendre beaucoup. »

                                        Morgane 

«  J’ai aimé sa façon de penser. »

                                        Léa

«  F Bégaudeau nous a expliqué sa pièce en détails et nous a donné sa vision de celle-ci ainsi que des éclairages sur d’autres de ses œuvres. »

                                          Eva 

« F Bégaudeau était très à l’écoute de nos questions. J’ai aimé son explication au sujet de la pièce avec l’importance accordée aux silences et de quelle manière l’intuition des acteurs est fondamentale pour « construire » les personnages. J’ai aimé aussi l’explication concernant la recherche du réalisme et le jeu sur les écarts avec ce réalisme (le décor monochrome, le canapé surdimensionné)

                                         Anaïs

« F Bégaudeau arrive à nous intéresser à tout ce qu’il dit. Ces réponses sont très complètes. Malgré les clichés du film, j’ai aimé Entre les murs.

                                         Erika

«  J’ai pu apprendre beaucoup de choses sur l’écriture, ce que c’est qu’être écrivain. »

                                           Mounir

«  J’ai mieux compris certains aspects de la pièce notamment le point de vue de chaque personnage et le choix du décor. »

                                         Alice

« F Bégaudeau est simple et il a répondu avec humour et gentillesse à nos questions. C’est sympathique de sa part d’avoir trouvé le temps de venir nous rencontrer. »

                                       Maxime

«  Cette rencontre nous a éclairé sur la pièce le Problème et sur le film Entre les murs ainsi que sur l’artiste et ses activités professionnelles.

                                         Leslie

«  F Bégaudeau est franc et facile d’accès. »

                                        Romain.

«  Il nous a fait découvrir les « coulisses » et les secrets de sa pièce. »

                                     Caroline

« F Bégaudeau est un écrivain accessible et intelligent que j’ai écouté avec beaucoup de plaisir du début à la fin de la rencontre. »

                                     Marion

«  Cette rencontre a permis d’avoir un nouveau point de vue sur le théâtre : l’écriture, les rapports entre écrivains et metteurs en scène, le travail de l’acteur… »

                                     Sandrine J

«  La vision des choses de F Bégaudeau est intéressante. »

                                       Sandrine D

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TPE en rapport avec le projet

Voici la liste des thèmes de tpe de la classe 1ière ES2 du lycée Evariste Galois en rapport avec le projet:
-les traces du 11 septembre (traces psychologiques, matérielles et artistiques)
– Comment les médias ont rendu compte de l’attentat du 11 septembre 2001
– Comment est représenté le terrorisme au théâtre?
– Les représentations du 11 septembre dans l’art.
– L’impact du terrorisme sur la vision des musulmans en Occident.
– L’influence des médias dans la diffusion de l’information.
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La pièce le problème

Dans le cadre du parcours culturel initié par l’association Citoyenneté jeunesse, les élèves de la 1ES2 du lycée Evariste Galois sont allés voir la pièce de François Bégaudeau « Le problème », mis en scène par Arnaud Meunier. A l’issue du spectacle, une rencontre avec l’équipe artistique est organisée.

Résumé de la pièce et description des personnages

Annie, mère de deux adolescents, décide de quitter son mari pour vivre avec un autre homme. Cette pièce raconte l’heure qui précède son départ. Chacun tente alors de vivre la situation comme il peut.

  • Annie/ La mère : Elle assume sa décision. Elle est déterminée et fait tout pour ne pas entrer dans le conflit.
  • Alban/ Le père : Il garde sa dignité même s’il est blessé pour éviter de déraper. Il est agressif lorsqu’il parle mais lutte contre la violence qui pourrait surgir.
  • Julie/ La fille : Elle est comme un électron libre, elle est dans le concret. Elle ne veut pas dramatiser. Elle a intégré la nouvelle situation et ne juge pas.
  • Adam/ Le fils : Il se met du côté du père comme si c’était lui que la mère quittait.

 

Analyse

François Bégaudeau, comme Michel Vinaver, s’intéresse au concret, l’ordinaire, le quotidien. Ils pensent tous deux que ce quotidien doit être source d’inspiration. Dans « Le problème », tout est en effet ordinaire. Nous pouvons constater un goût du réel et du détail.

L’écriture de la pièce est originale :

  • Il y a une coïncidence entre le temps de l’histoire et le temps de la représentation (1 heure), la pièce se déroule donc en temps réel. Le spectateur est donc témoin, il a un rôle de voyeur.
  • Huis-clos: Il y a quatre personnages (le père, la mère, le fils et la fille) ensemble, sans que personne n’arrive ou ne parte. Elle se passe dans un lieu unique : Le salon.

C’est donc une pièce de théâtre moderne du fait son sujet, son écriture, sa construction. Elle dépasse les genres traditionnels, la classification habituelle. Nous y trouvons des éléments de comédie surtout portés par Julie, la fille, avec son langage, son portable, sa conversation avec son amie, etc. On y trouve également une référence à Phèdre mais ici on a le refus d’une conception tragique de l’amour. On est ici dans une conception beaucoup plus moderne, beaucoup d’éléments visent à dédramatiser la situation.

 Cette pièce est construite comme une partition musicale avec des solos, des duos et des quatuors ainsi que des silences qui sont pour l’auteur très importants. Pour lui ces silences, plus ou moins longs, reflètent les dialogues réels lors de situations similaires, ils reflètent les moments de réflexion, d’incompréhension.

Tout au long de la pièce, on a un jeu entre le réalisme et le décalage par rapport à la réalité.

Le décor et les dialoguent renvoient bien à cette idée de décalage.

La pièce se passe donc dans le salon, ce qui renvoie à la vie quotidienne de chaque spectateur, à l’espace familial. C’est une situation banale dans un espace banal mais c’est la réalité sans être la réalité. Par exemple dans la conversation il y a des sujets évoqués qui ne le sont généralement pas dans la « vraie vie », ou rarement comme la sexualité des parents. De plus, le canapé est disproportionné, il est gigantesque.

L’espace est délimité par des armatures en bois qui font penser à une télévision. C’est comme si on avait une pièce déformée (fisheye). On a l’impression de surprendre une conversation privée. C’est le décor d’une famille visiblement aisée, très simple mais trois lieux s’en détachent :

  • Le bar de la cuisine, qui symbolise la famille, la repas, la réunion.
  • Le canapé (lieu du père) qui symbolise la solitude par son immensité.
  • La porte d’entrée que l’on ne voit pas mais que l’on entend. Elle est très symbolique car c’est l’élément d’arrivée et de départ. La mère sonne avant d’entrer comme si elle n’était déjà plus chez elle.

Autre forme d’originalité, le sujet de philosophie évoqué par les enfants est une mise en abîme puisque le thème de ce sujet est le bonheur.

Remarque : Nous pouvons remarquer un changement de perspective. C’est la femme qui quitte le mari et non le contraire. C’est en quelques sorte choquant car d’ordinaire, les femmes sont enfermées dans leur rôle de mère et n’ont « pas le droit » de quitter leurs enfants. La pièce prend ainsi une tonalité féministe.

Annalyse de Maryline Chatelier de 1ière ES 2

Quelques réactions d’élèves à la pièce Le Problème

 «  J’ai bien aimé cette pièce car le thème est actuel, moderne et on peut s’identifier aux personnages »

                                                 Laura

«  Je trouve cette pièce assez proche de la réalité avec les tensions au sein de la famille, les allusions aux contrôles scolaires… Les dialogues font « vrai » ; dès le début, on est emportés dans l’histoire. »

                                          Charlotte

 « Cette pièce est très vivante ; les acteurs sont très convaincants, ce qui facilite l’identification aux personnages »

                                           Sandrine J

 «  Le Problème est la pièce que j’ai préférée parmi celles que j’ai pu voir avec la classe car elle traite d’un sujet d’aujourd’hui et devenu banal, une séparation. »

                                              Guidée

 « J’ai trouvé que cette pièce moderne correspond bien à notre société »

                                       Pernelle

« J’ai beaucoup aimé le style et la modernité de la pièce »

                                       Adrien

 « Dans cette pièce, la confrontation des langages est intéressante ; on peut facilement se retrouver dans l’un des personnages. »

                                       Sabrina

« La situation exposée peut être vécue par n’importe qui. J’ai beaucoup aimé le personnage de Julie car elle a notre âge et on peut s’identifier à elle. De plus, le registre est familier, ce qui est plutôt rare au théâtre. »

                                      Déborah

 « La pièce est celle que j’ai préférée dans l’année, un peu courte à mon goût. »

                                       Leslie

 « J’ai bien aimé la durée de cette pièce car on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le décor était original, les personnages réalistes et le décor à la fois simple et original. »

                                   Laura

« Je me suis retrouvé dans le personnage de Julie »

                                   Mounir

 « Cette pièce m’a beaucoup plu.  Elle est moderne et je pense qu’elle nous concerne davantage que les autres pièces que l’on a pu voir car elle met en scène une famille assez banale et les problèmes que celle-ci endure. Les sujets abordés sont proches de notre quotidien. Le langage utilisé par Julie est similaire à celui des jeunes et je pense que c’est un facteur important pour la compréhension de la pièce. »

                                        Eva

 « J’ai aimé cette pièce qui est humoristique ; on ne voit pas le temps passer et les acteurs sont parfaits. »

                                        Jacquelyne.

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Compte-rendu de la rencontre avec Michel Vinaver

 

1)    Quels souvenirs gardez-vous du 11 septembre 2001 ?

   Pour Michel Vinaver, Ce moment a représenté l’imprévu, l’extraordinaire (au sens étymologique du terme). Il en est resté paralysé pendant quelques heures, ne pouvant plus se lever. A la stupeur et l’effroi, s’est ajoutée aussi une certaine curiosité : Où pouvait aller le monde après un tel événement ?

   Par les émotions très fortes qu’il suscite, le « 11 Septembre » dépasse l’événement historique et  relève du mythe ; on peut par exemple le comparer à la guerre de Troie.

2)    Pourquoi écrire sur cet événement ? A-t-on le droit d’écrire sur cet événement ?

   Ce projet était au départ destiné à être mis en musique (projet de théâtre musical en collaboration avec  Georges Aperghis, compositeur grec de musique contemporaine)).  Finalement, une fois la pièce écrite, quelques semaines après les événements, le projet de mise en musique a été abandonné.

M. Vinaver considère que les écrivains doivent écrire sur le monde qui les entoure, sur l’actualité, que l’on peut écrire sur tout. On ne peut pas écrire n’importe quoi, par exemple tenir des propos racistes ou faire l’apologie du terrorisme mais on peut évoquer de tels sujets. : non seulement, les écrivains  peuvent traiter des questions difficiles mais ils doivent le faire, ne pas éluder ces questions.

 

3)  Que représente pour vous le terrorisme ?

   C’est une des formes nouvelles que prend la guerre. Le terrorisme est typique des situations de disproportion très forte entre les adversaires ; c’est la forme de guerre empruntée par ceux qui ont des moyens de combat faibles. La pièce ne veut pas dénoncer ou défendre un point de vue : elle vise à l’impartialité.

4)    Comment avez-vous écrit cette œuvre ?

   On ne sait jamais pourquoi ni comment on commence l’écriture d’une pièce. M Vinaver privilégie le hasard et voit ce qui en découle. C’est une façon de vaincre sa résistance à composer. Il jette tout d’abord des choses sur le papier et cela se construit. La naissance d’une pièce est comme une « petite explosion atomique » : le éléments viennent en désordre et au commencement, l’auteur ne sait pas ce que sera sa pièce.

   La pièce a été écrite dans les 3 semaines qui ont suivi l’événement et a été publiée 3 mois plus tard.

   Pendant les jours qui ont suivi le « 11 septembre », M. Vinaver a découpé tous les articles des journaux  de langue anglaise qui évoquaient l’événement : reportages, témoignages, enregistrements divers…Il voulait restituer ces articles dans leur langue d’origine. Ces coupures de journaux ont été triées, annotées, collées dans des cahiers. Certains passages ont été inventés par l’auteur au moment de la rédaction, notamment les répliques des traders ou la dernière réplique « voix de jeune femme ». Aujourd’hui, M Vinaver serait incapable de dire exactement quels sont les passages « réels » et ceux qu’il a inventés.

Le travail d’écriture s’est apparenté au travail d’un musicien : comme une partition,  un livret d’opéra, il a fallu assembler les fragments, « donner forme » aux différents matériaux.

   Pour M. Vinaver, la mémoire est fragile et le but de cette œuvre était de cristalliser l’événement dans sa crudité, sa vérité pour fixer ce qui s’était passé, ce que les gens ont vécu.

5) Pourquoi avoir choisi une structure chorale  et la technique du collage ?

   M Vinaver travaille sous cette forme depuis sa 1ere pièce qui date de 1951 Les Coréens qui met en scène 5 soldats pendant la guerre de Corée : les répliques alignées ne sont pas attribuées à un personnage en particulier et pour l’auteur, il importe finalement très peu de savoir qui parle. C’est ainsi qu’il a commencé à exploiter la structure chorale. La choralité est également intéressante dans la mesure où elle restitue « le bruit du monde », les voix qui se croisent et se superposent.

   De plus, cette structure, par l’apposition des fragments permet des frottements d’où peut naître l’ironie ; c’est le principe des collages.  Ces rapprochements dans le banal permettent souvent de faire surgir des choses surprenantes. Cette technique du collage est riche de la forme donnée à un matériau au départ concret : c’est comme une fugue de Bach ; tout l’art est dans la recherche d’une esthétique propre.

6) Pourquoi écrire du théâtre ?

   C’est, pour M Vinaver, le meilleur moyen de donner des points de vue multiples sans devoir choisir entre ces différents points de vue.

7) Pourquoi la pièce mélange Anglais et français ?

   La pièce a d’abord été écrite en Anglais puisque le « matériau » de départ était en Anglais et que l’auteur voulait être au plus près du réel. Lors d’une séance de lecture, destinée à un public francophone, l’auteur a senti la nécessité de traduire cette pièce. Cette œuvre a également fait l’objet d’une lecture à 2 voix en duo avec un acteur américain. La traduction est assez libre, en fait, non littérale.

Les chœurs sont restés en Anglais car ils sont là pour représenter « le bruit du monde » ; ce sont des fragments du réel qui ne racontent rien en définitive : des pubs, extraits d’émissions…C’est comme une musique de fond ; ce n’est pas grave qu’on ne la  comprenne pas, d’où l’absence de traduction.

8) Pourquoi la pièce s’achève-t-elle par « et maintenant… »

   Cela montre l’intérêt de l’auteur pour l’immédiat, pour l’instant, pour ce qui est en train de se produire.  Le 1er titre de la pièce les Coréens était Aujourd’hui. Cette fin est aussi une ouverture et marque un refus de conclure.

9) Quand avez-vous commencé à écrire ?

   A 9 ans, M Vinaver a écrit ses premiers textes dont le récit d’une journée d’école et sa première pièce de théâtre La révolte des légumes qui raconte la révolte des légumes contre la tyrannie d’un jardinier…

Il y a aussi eu des périodes où il n’écrivait pas et a exercé une autre activité professionnelle pour ne pas dépendre  financièrement de l’écriture. Il a voulu exercer une profession éloignée de l’écriture. Par hasard, il a répondu à une petite annonce et a commencé sa carrière chez Gillette suite à un malentendu : embauché pour des compétences de juriste qu’il n’avait pas… IL avait fait des études de lettres.

Du fait de sa vie professionnelle et des différents postes occupés, M Vinaver a vécu dans différents pays (Italie, Belgique, USA)

10) Qu’est-ce qui vous inspire ?

   M Vinaver s’inspire de l’actualité ; il se dit friand de ce qui arrive et de ce qui est arrivé. Il est également féru de mythes : il aime les histoires primitives, archaïques et cherche des liens entre aujourd’hui et les grands mythes d’hier, entre l’actuel et l’ancien : M Vinaver cherche à relier l’histoire récente aux grands mythes antiques ou aux textes fondateurs comme la Bible. Il n’a jamais réécrit des mythes anciens comme l’ont fait beaucoup de dramaturges du 20ème siècle  mais par les liens qu’il établit entre actualité et mythe, il veut donner de « la profondeur de champ ».

11) Que pensez-vous des théories du complot concernant  « le 11 septembre » ?

   Pour M Vinaver, chaque événement extraordinaire génère la recherche de causes autres que les causes évidentes, c’est à dire rapidement identifiables.  Il ne s’intéresse pas vraiment à ces théories mais à ce qui est visible, à ce qui a été vécu réellement.

12) Que pensez-vous du fait que cette pièce va être jouée par des lycéens ?

   Pour M Vinaver, cette appropriation du texte par des jeunes gens est passionnante : c’est une façon de vérifier que cette pièce a encore un sens aujourd’hui et quel sens la jeune génération lui donne. Il n’y a donc aucune appréhension de sa part ; il est toujours ravi de rencontrer des lycéens et la nouvelle de ce projet a été pour lui une « vraie bonne nouvelle » !

13) A quelle occasion avez-vous connu Albert Camus ?

   M. Vinaver, alors qu’il avait une vingtaine d’années a contacté A Camus alors que celui-ci était un écrivain reconnu, travaillant chez Gallimard. M Vinaver, lors de leur 1ere entrevue, a fait part à A Camus de son désir d’écrire en précisant qu’il n’avait rien à dire… A Camus l’a gentiment reçu et c’est lui qui a fait éditer son1er texte .

14) Comment avez-vous rencontré Arnaud Meunier ?

   La rencontre a eu lieu à l’occasion d’une création d’une pièce de M Vinaver au japon par A Meunier. Tous 2 partagent une même idée du travail théâtral et ils forment une sorte d »attelage ». Ils se font confiance et aiment travailler ensemble.

 

15) Avez-vous une muse ?

   La question a fait sourire M Vinaver (et l’assistance). Il précise qu’il a eu des muses mais n’est plus tellement en âge de s’amuser…Dans sa vie, il a connu des influences féminines essentielles et se sent globalement plus proche des femmes qui ont certaines qualités que  l’on rencontre plus rarement chez les hommes ; il aime ainsi leur manière d’être en prise avec le réel.

16) Que vous a apporté le fait de travailler en entreprise ?

   M Vinaver dit avoir été un cadre heureux ; il a beaucoup aimé son travail : c’était une manière de vivre la vie de tout le monde, de partager avec des gens des préoccupations ou des bonheurs professionnels. Cela a influencé son travail d’écrivain même si ce n’était pas le but recherché. Quand il est devenu PDG, son travail est alors devenu un « poids » et cette fonction engendrait des situations qui ont pu le mettre mal à l’aise. M Vinaver a finalement passé 27 ans chez Gillette en occupant différentes fonctions.

 

17) Que veux dire M Vinaver par ses pièces ? Veut-il délivrer un message ?

   Pour M Vinaver, l’écrivain est comme un archéologue sur un site ; « il fouille la terre » ; il creuse sans savoir ce qu’il va trouver, sans doute du sens mais pas un sens, des « bouts de sens », des connexions », des « lumières » sur le pouvoir, l’amour, la guerre…  L’espoir de celui qui écrit est que son lecteur se promène dans son œuvre et fasse ses propres découvertes.

Dans la pièce « 11 septembre », il n’y a pas de « leçon » à tirer. La mise en parallèle des discours de Ben Laden et de G Bush à la fin de la pièce est juste le résultat d’un constat : ils utilisent le même vocabulaire ; cette coïncidence fascinante raconte quelque chose mais : est-ce terrifiant ? Comique ? Au lecteur de choisir…L’écrivain est avant tout un observateur qui tente de « débroussailler » le réel pour y voir plus clair.

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La piece « Le ciel est pour tous »

SENS DE LA PIECE

C’est une tragédie familiale. C’est une sorte d’apologue. L’auteur appelle le spectateur à la vigilance sur les dérives possibles des religions si elles quittent le domaine privé.

A la fin, cette famille vit la même situation que la célèbre affaire Calas (= Affaire judiciaire que Voltaire évoque dans un de ses écrits sur la tolérance. Un père est accusé d’avoir tué son fils qui voulait se convertir au Catholicisme. Le père protestant est condamné à mort et exécuté.)

Par la mise en abyme, l’auteur montre que cette histoire pourrait se produire à nouveau de nos jours. Avec les différents personnages, Catherine Anne nous montre les différents comportements vis-à-vis de la foi : athéisme, foi, tolérance, extrémisme, etc.

LA SCENOGRAPHIE

On a une multitude de panneaux qui représentent des paysages de ciels (allusion au ciel et au divin) comme on voit sur les tableaux. Ils évoquent aussi la peinture religieuse comme la dernière scène qui représente le vierge et l’enfant (la pieta). Les panneaux qui tombent délimitent les différentes scènes et les différents espaces et quelques passages chantés indiquent des ellipses temporelles.

A la fin, il reste quelques panneaux sur scène: cela montre que cette histoire n’est pas achevée et qu’il faut toujours être vigilant quand à la place du religieux dans nos sociétés.

On a globalement deux espaces : côté cour, c’est l’espace de la famille et côté jardin, l’église.

Il y a également quelques objets signifiants: le pupitre pour le prêtre et l’église. On voit que c’est un orateur, qu’il manipule par la parole. La table basse et les chaises évoquent le salon familial, le lieu de dialogue.

Enfin, par les variations de lumière, les scènes sont délimitées. On a aussi quelques effets sonores : porte qui claque, église, orage. Ces sons sont symboliques.

AVIS / CRITIQUES

Les avis sur la pièce sont mitigés :

  • « La pièce était trop longue et un peu répétitive. »
  • « Bonne chute. »
  • « Certains moments sont amusants. »
  • « Les personnages étaient caricaturaux, cela facilite la compréhension de l’histoire mais cela peut également gêner. »
  • « La question des jumeaux n’est pas évidente à comprendre. »
  • « La pièce est bien interprétée.

Avis d’Erika : « J’ai préféré cette pièce à ‘Pornographie’, pièce vue au théâtre de la Colline. L’histoire est plus facile à comprendre et parfois assez drôle. Les personnages sont caricaturaux ; les acteurs jouent très bien leur rôle et on est plongés dans la pièce. La tante et le père sont les personnages les plus drôles. Le jeu des panneaux est intéressant. Les nuages représentés sur ces panneaux représentent le ciel et font allusion à Dieu. La pièce se termine comme dans l’affaire Calas. »

Synthèse élaborée par Maryline Chatelier

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Découverte du film « Rêves dansants »

Les rêves dansants © Ursula Kaufmann

Vendredi 19 novembre, les élèves de la 1ES2 du lycée Evariste Galois à Noisy-le-Grand sont allés voir au cinéma municipal le Bijou, « Les rêves dansants. Sur les pas de Pina Bausch ». Ce documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann, en salle depuis le 13 octobre dernier, retrace l’expérience de 46 adolescents allemands, issus de 12 écoles différentes de Wuppertal (Allemagne), qui sont amenés à recréer « Kontakthof », un des spectacles majeurs de cette chorégraphe, alors même qu’ils ne sont jamais montés sur scène auparavant. Les deux réalisateurs ont accompagné les répétitions des jeunes danseurs jusqu’à la première en novembre 2008. Une expérience à méditer…

« Ce documentaire est bien réalisé. On a pu voir que les élèves se sont affirmés au cours de ce projet. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de points communs avec notre projet. » Laura

« J’ai trouvé le film intéressant. J’avais un peu peur de m’ennuyer car je ne vais jamais voir ce genre de film mais j’ai été agréablement surpris. Je me suis imaginé à la place des adolescents du film car, bientôt, ce sera à nous ! Avec les mêmes expériences à raconter et les mêmes émotions à transmettre… » Maxime

« On pouvait s’identifier aux élèves allemands car eux aussi n’avaient jamais fait ce qu’on leur demandait de faire. » Jacqueline

« J’ai beaucoup apprécié le film que j’ai trouvé touchant et très vrai. Voir l’évolution des élèves était très intéressant ainsi que de les voir travailler avec une très grande chorégraphe. Les élèves étaient émouvants aussi bien par leur histoire personnelle que pendant les répétitions. Ce projet permet de créer des liens forts avec les autres. La chorégraphie finale était très belle. » Flora

« Ce film nous a permis de voir tout le travail des répétitions qu’on ne voit pas habituellement. Par ailleurs, il nous apprend à avoir confiance en l’autre et à ne pas avoir honte de soi et de ce que l’on fait. » Caroline

« J’ai bien aimé le film. J’ai trouvé cela intéressant à voir par rapport à notre projet. J’ai hâte de voir comment nous allons le réaliser. Voir la réaction de ces adolescents encourage fortement. On se rend mieux compte des choses et qu’on a une chance incroyable ! » Sabrina

« Je n’ai pas trop aimé ce film. Certes, on peut voir que les adolescents ont vécu une expérience similaire à la nôtre mais je pense que la danse est différente du théâtre et je préfère le théâtre. J’ai tout de même apprécié les témoignages des adolescents. C’était émouvant. » Leslie

« J’ai trouvé ce film touchant parce qu’il repose sur un projet similaire au nôtre. Les adolescents du film nous ressemblent ; ils ont les mêmes émotions et réactions que nous face à certains exercices dans le cadre du théâtre. J’ai été émue par Joy lorsqu’elle évoque le décès de son père et sa volonté de faire ce projet… en partie pour lui. » Anaïs

« Je pense qu’il a fallu beaucoup de courage à ces jeunes pour monter ce spectacle. On a pu suivre l’ensemble du projet, du début où les élèves étaient parfois sceptiques jusqu’à la fin où ils étaient très heureux de l’avoir fait. » Pernelle

« Ce film nous a permis de voir comment se construit un spectacle. Grâce à ce projet, ces lycéens ont vécu de nouvelles expériences. » Sandrine D.

« Pour certains élèves, j’ai vraiment compris que ce projet les a aidés à vaincre leur timidité et à révéler leur personnalité et sensibilité. Cela dit, les exercices étaient assez compliqués. Je ne sais pas si j’aurais réussi à faire ce qu’ils ont fait. » Louise

« J’ai trouvé intéressant de voir un documentaire sur une classe qui a un projet proche de celui de ma classe. J’ai trouvé que les élèves avaient évolué au long du film. J’ai remarqué qu’ils venaient tous de milieux différents et avaient des origines variées. Donc, le projet de Pina Bausch n’était pas adressé à une classe sociale particulière, ce que j’approuve. J’ai trouvé la chorégraphe gentille mais assez mystérieuse. Ce documentaire m’a aussi fait rire avec certains témoignages assez drôles. J’ai également été émue lorsque Joy a parlé du décès de son père. » Mana

Propos recueillis par Christine Morel, Professeur Principal.

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